Les corvidés du Gers : des oiseaux aussi fascinants qu’indispensables

Les corvidés, comprenant les corbeaux, corneilles, mais aussi pies, geais…, sont souvent mal perçus et font partie de ceux qu’on appelait les « nuisibles ». Ce sont en réalité de vrais génies de la nature qui nous rendent bien des services comme équarisseurs naturels.

Une famille bien présente dans le Gers

Dans le Gers, la famille des corvidés est représentée par la Pie bavarde et la Corneille noire, en zone urbaine comme rurale, le Geai des chênes, plutôt dans les milieux boisés, et le Choucas des tours qui apprécie le vieux bâti et les arbres creux des grands parcs pour nicher. Le Corbeau freux et le Grand corbeau sont bien plus rares.

 

Des oiseaux aux capacités cognitives étonnantes

Toutes ces espèces font preuve de capacités cognitives assez remarquables, comme l’utilisation d’outils pour obtenir de la nourriture, ce qui les distingue des autres animaux. Plusieurs études ont ainsi montré leur faculté à résoudre des énigmes et des problèmes complexes. Les corbeaux seraient capables d’ajouter des pierres dans un verre pour faire monter le niveau de l’eau et récupérer une friandise. La Pie bavarde a réussi le test du miroir de Gallup et comprend que c’est elle qu’elle voit dans le miroir !

Une mémoire et une solidarité remarquables

Leur mémoire est également étonnante, comme le Geai qui cache des glands et les retrouve en période disette, même sous la neige. Ils font également preuve de solidarité et prennent la défense de leurs congénères contre des assaillants.

Des alliés précieux pour les écosystèmes

Le plus souvent omnivores et opportunistes, les corvidés ont un régime alimentaire très varié (insectes, vers de terre, baies, graines, fruits, petits animaux…). Certains jouent également volontiers le rôle d’équarrisseurs et consomment des charognes, limitant la propagation de maladies. Les corneilles régulent les populations de petits rongeurs tandis que les geais contribuent à la régénération des forêts en enterrant glands et graines pour l’hiver.

Une mauvaise réputation qui leur colle aux plumes

Malgré leurs facultés fascinantes et leur rôle indéniable pour la nature, les corvidés traînent une mauvaise réputation. Souvent associés à la mort, sombres et bruyants, il faut dire que ces « oiseaux de mauvais augure et de malheur » alimentent des préjugés et superstitions tenaces depuis le Moyen-Âge.

Quand la cohabitation avec l’agriculture devient difficile

Leur régime alimentaire varié en fait des alliés précieux pour les agriculteurs, mais lorsqu’ils s’installent dans un champ, les dégâts sur les cultures peuvent être significatifs, et la cohabitation notamment lors des semis agricoles peut être difficile… Ils sont considérés comme « nuisibles » et classés juridiquement en tant qu’« espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » dans certains départements. Ils peuvent alors faire l’objet de tir ou de piégeage, sauf le Choucas des tours qui est protégé.

Prévenir les dégâts et favoriser la cohabitation

Il existe cependant des solutions alternatives, fondées sur la prévention, la cohabitation raisonnée et la sensibilisation, comme l’élagage des arbres à l’automne, l’effarouchement ciblé, les pratiques culturales, la diversification des paysages pour augmenter les prédateurs naturels, etc.

Ces mal-aimés, pourtant des plus malins et au rôle écologique indispensable

La Délégation Gers de la LPO Occitanie

CARTOGRAPHIE

Le saviez vous ?

Les nids de corvidés, et notamment de la Corneille noire, sont souvent réutilisés par d’autres espèces pour leur reproduction, comme les faucons crécerelles et les hiboux moyen-duc. Le Geai des chênes imite le chant d’autres oiseaux, des cris de certains mammifères et même de voix humaines. Ses cris d’alerte permettent également de prévenir les autres animaux d’un éventuel danger.
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